Noé enquête sur le ressenti des usagers de la Saône 💧


Étudiant à l'Ecole normale supérieure de Lyon, Noé Brosse réalise une thèse sur les perceptions des usagers et l’avenir du Val de Saône. Son but est de proposer des politiques publiques adéquates, notamment concernant la gestion de l’eau. Charge aux élus d’intégrer les résultats de cette enquête, de tenir le bon discours vis-à-vis des attentes des habitants et de mettre en œuvre les actions pertinentes. Noé Brosse nous a adressé un email avec le lien sur son questionnaire - cliquez ici -  …


Je m’appelle Noé Brosse, et je suis étudiant en thèse de géographie à l’ENS de Lyon. 

Je travaille sur la relation des habitants à la rivière, leur perception de son évolution, des activités associées et de son environnement en contexte de changement climatique. Dans le cadre de ce travail, je réalise une enquête par questionnaire en ligne auprès des habitants, pour mieux comprendre les représentations du territoire, des impacts du changement climatique, de ses risques et des solutions à mettre en œuvre. 

Il est possible de répondre au questionnaire ici avec le lien suivant, n’hésitez pas à répondre et à le partager autour de vous :

La Saône est un axe de transport de marchandises ancien et important, remontant à l’époque romaine. Elle est navigable pour les bateaux de marchandises jusqu’à Saint-Jean-de-Losne, en Côte d’Or. Le transport fluvial est aujourd’hui concurrencé par le transport routier, la rivière est surtout utilisée pour transporter des matériaux lourds et difficiles à stocker, comme du sable, du gravier ou du bois. Mais il pourrait regagner en importance dans l’objectif de limiter les émissions liées au transport de marchandises.

Une péniche de transport de marchandises empruntant la Saône au niveau de Belleville-en-Beaujolais

Aujourd’hui, la Saône est principalement empruntée par les bateaux de plaisance. Le tourisme fluvial attire une clientèle française et internationale. On trouve au nord de la Saône beaucoup de ports de plaisance, avec des bateaux amarrés à l’année. La Saône est reliée à la Meuse, la Moselle et au Rhin par le canal de l’Est, il est donc possible de rejoindre une grande partie de l’Europe avec un petit bateau. 

La Saône est un axe de développement touristique pour les acteurs locaux. Par endroit, les berges ont été aménagées pour en faire des espaces de loisirs (parcs, guinguettes, pistes cyclables…). 

Souvent, ces espaces aménagés se trouvent au niveau de haltes fluviales, où les bateaux de plaisance peuvent s’arrêter. Tout le linéaire de la Saône a été aménagé pour permettre le cyclotourisme (déplacement touristique à vélo). La piste cyclable rejoint la Meuse et remonte jusqu’au Luxembourg. Sur tout son cours, la Saône est parsemée de campings, de restaurants, de cafés…

La mise en tourisme de la Saône à Montmerle-sur-Saône : au niveau de la halte fluviale et le long de la piste cyclable, on trouve un restaurant-guinguette, un parc et des berges bien entretenues

La Saône est aussi un corridor de biodiversité, c’est-à-dire que l’on trouve de nombreuses espèces, qui voyagent du nord au sud, et qu’il est stratégique de préserver. Les saules par exemple, sont des arbres emblématiques des bords de rivières. Ils attirent toute une biodiversité qu’il importe de préserver, comme le Courlis cendré, une espèce d’oiseaux patrimoniale, mais menacée. Le changement climatique modifie les conditions du milieu (température, quantité d’eau…), ce qui affecte les arbres dans lesquels vivent ces oiseaux. Les plantes sont aussi concurrencées par des espèces exotiques, comme la renouée du Japon, qui apprécie beaucoup les berges.

Au fond, un saule argenté, entouré par un tapis de renouées du Japon

Malgré cette forte biodiversité et ses paysages, il ne faudrait pas croire que la Saône est un cours d’eau naturel. Très tôt, elle a été aménagée pour favoriser la navigation et l’agriculture. La Saône est connue pour ses crues, nombreuses, lentes et étendues. Sa plaine d’inondation peut faire jusqu’à 5 km de large. Elle est donc maillée d’écluses, qui permettent de garder un tirant d’eau constant, de sorte à ce que les bateaux puissent circuler en toute saison. C’est ce qui lui donne parfois une allure très calme, presque arrêtée. 


A l’inverse, il a fallu protéger les surfaces agricoles des inondations, très fréquentes. Les champs en bord de Saône sont pour cela entourés de digues, empêchant l’eau de rentrer lors des petites crues printanières. Les terres risquent cependant toujours d’être inondées lors de crues plus importantes.

Sur la Saône, l’eau est suffisamment calme pour circuler en barque sans risque. Au fond, on peut voir un bâtiment agricole construit sur une digue, qui protège des champs de blé (La Grange du Diable)

Enfin, la Saône est une ressource très précieuse pour différents usages. Elle alimente l’agglomération de Dijon en eau potable, et elle sert de soutien à l’irrigation dans les plaines agricoles qui la bordent. Son eau est aussi utilisée dans quelques industries, présentes sporadiquement tout le long du cours d’eau. 

Tous ces usages et ces pratiques autour de l’eau risquent de fortement évoluer dans les années et les décennies à venir, en fonction des évolutions climatiques, même s’il est encore difficile de savoir la direction que prendront les événements.

C’est pour cela que je sollicite les habitants des communes riveraines de la Saône.

J’aimerais savoir quels sont les effets déjà perceptibles du changement climatique sur votre territoire, quelles conséquences cela peut-il avoir sur votre quotidien, et sur les activités que vous estimez menacées par les changements environnementaux. Je cherche aussi à comprendre les attentes des personnes par rapport aux pouvoirs publics, ce qui devrait être mis en place, ce qui l’est déjà, et ce qui devrait être évité. Il est important pour moi d’avoir le plus de réponses possibles, pour que le territoire soit représenté du mieux possible.”

Merci de m’aider à faire avancer mon enquête, je vous tiendrai au courant des résultats !


Noé Brosse







Si vous aussi, vous avez un projet ou une expérience à partager, écrivez à BlogStGeorges@gmail.com


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