Le SĂ©nateur Bernard Fialaire, son assistante parlementaire Laetitia Zaada et ses missions đź©ş


Toujours avec le sourire, Bernard Fialaire et Laetitia Zaada nous ont reçus dans leur permanence sénatoriale de Belleville en Beaujolais. Médecin depuis 1984, élu depuis 1994, Bernard reste au contact des citoyens et attentif au bon fonctionnement des territoires. Avec son sens de la pédagogie et de la mesure, il nous présente sa vision des institutions et de l’engagement citoyen …


Bonjour Bernard Fialaire. Une première question : doit-on vous appeler Docteur, Monsieur le Maire honoraire de Belleville ou Monsieur le sénateur ?


Vous pouvez m'appeler Bernard Fialaire et comme ça, ça embrasse tout ce que j'ai été, ce que je suis et ce que je serai encore quelque temps …


Quelques mots sur votre parcours et votre commune de toujours ?


Je suis né à Belleville en 1957, j'y ai grandi et j'ai vu la ville évoluer. Jusqu'à mes 20 ans, Belleville avait connu une forte progression, et puis ensuite il y a eu un déclin. Belleville avait doublé sa population sous l'ère Joseph Rosselli, passant de 3000 à 6500 habitants jusqu’en 1973. Les 20 années suivantes on a perdu 10% de la population et il ne s'est rien bâti de structurant. Auparavant nous avions eu le collège, l'hôpital, le complexe sportif et plein d’autres choses. Et puis plus rien …


Vous êtes médecin depuis 1984 et toujours au contact de la population ?


En m’installant comme mĂ©decin de ville Ă  Belleville, j'ai frĂ©quentĂ© la population y compris en allant chez eux. En Ă©changeant avec eux, j'ai vraiment senti une rĂ©elle attente, que ce n'Ă©tait pas possible de rester ainsi Ă  vĂ©gĂ©ter. Avec notre situation gĂ©ographique, avec le tissu industriel qu'il pouvait y avoir alors, toutes les entreprises se dĂ©localisaient sur la rive gauche de la SaĂ´ne. De Guereins Ă   Montmerle, toutes les entreprises qui s’y installaient Ă©taient des entreprises bellevilloises, qui n'ayant pas de place ou pas de possibilitĂ© de se dĂ©velopper, avaient traversĂ© la SaĂ´ne …


Vous vous êtes d'abord engagé en 1994 comme conseiller départemental du Rhône, avant d’être élu maire de Belleville en 1995 ?


Tout gamin, j’avais l'envie de voir Belleville bouger. Je me suis donc engagé comme ça, pour faire bouger les choses. Après, encore faut-il avoir une équipe.


Il n’y a pas d'engagement politique s'il n'y a pas d’équipe autour. 


Que ce soit au Département (on nous appelait à l’époque des conseillers généraux), et encore plus au niveau municipal, il est très important d’avoir une véritable équipe. J'ai eu la chance d'être avec des gens compétents, loyaux et dévoués, pour la commune et pour le département.


J'ai donc été vice-président du département jusqu’en 2015, pour les affaires sociales, les personnes âgées, les personnes handicapées, la santé et l’environnement.


J'ai été élu maire de Belleville en 1995 et président de la communauté de communes qui s'est agrandie en trois fois, de 2001 à 2020.



En janvier 2019, j’ai Ă©tĂ© le premier maire de Belleville-en-Beaujolais, commune nouvelle issue de la fusion entre Belleville et Saint-Jean-d'Ardières. J’ai quittĂ© cette fonction en septembre de la mĂŞme annĂ©e. En janvier 2020, lors d’une cĂ©rĂ©monie de vĹ“ux, j’ai annoncĂ© que je ne me reprĂ©senterai pas aux Ă©lections municipales de 2020. 


Contrairement Ă  certains Ă©lus, vous croyez fermement Ă  la mutualisation des services publics ?


Que ce soit entre St Jean d’Ardières et Belleville, ou Belleville-en-Beaujolais et la communauté de communes (CCSB), cette mutualisation a été une nécessité et une réussite.


Je crois Ă  cette mutualisation et on est d'ailleurs une des rares intercommunalitĂ©s en France Ă  avoir complètement fusionnĂ©e les services, entre la commune centre de Belleville et la communautĂ© de communes. Et ça, ça a Ă©tĂ© acceptĂ© et partagĂ© Ă  l'occasion de l'agrandissement de la communautĂ© de communes, par toutes les autres communes. Je crois que l’on peut avoir la volontĂ© de bien gĂ©rer, de faire des Ă©conomies d'Ă©chelle et de respecter chaque territoire. 


La mutualisation est une question de gouvernance


J'entends beaucoup d’élus se plaindre, mais c’est ce qu'on fait de cette mutualisation nĂ©cessaire qui est le plus important. J'ai eu la chance de partager ça avec les Ă©lus et Ă  aucun moment cela n’a Ă©tĂ© remis en question, parce que tout le monde y trouve sa place. 


Cela a été ma conception pendant mes 3 mandats à la présidence de l'intercommunalité ; savoir déléguer, faire confiance et respecter les territoires. On peut ainsi pratiquer une forme de péréquation et redistribuer des moyens. Toutes les économies qu'on peut faire ensemble, on peut les redistribuer et du coup réaliser de beaux projets. Grâce à cette dynamique, Belleville-en-Beaujolais est devenue la deuxième commune du nouveau département, sur un territoire qui se développe énormément …


La dynamique d’un territoire dépend aussi
de celle des Ă©lus qui les dirigent.


Avec notre capacité de développement économique comme avec Lybertec, la progression démographique dans chacune de nos communes, cela permet plus d’équipements, comme la médiathèque à Belleville ou La Pirogue à St Georges. Je pense qu'on a un beau territoire qui mérite notre attention, et si les élus ne sont pas à la hauteur, on n'a pas le développement nécessaire.


VoilĂ  ce que je peux dire du territoire et de mon engagement. 

Pour finir sur ce thème, je pense qu'au bout d'un certain nombre d’années, il faut savoir laisser sa place. Ce n'est pas parce que les mandats et les projets ne me plaisaient pas que j’ai arrêté, mais je crois qu'il faut savoir laisser la place aux équipes qui vous ont accompagnés, aux plus jeunes et aux autres communes …


Cette vocation à s’engager vous provient de votre famille ?


Ma mère a fait un mandat municipal au dĂ©cès de mon père. Elle avait Ă©tĂ© sollicitĂ©e, comme le sont certains Ă©lus parce qu'elle Ă©tait disponible, avait le sens du service et beaucoup de connaissances. Elle n’avait pas d’engagement politique particulier. Je n'ai jamais Ă©tĂ© dans une famille militante, mĂŞme si enfant, j'ai beaucoup Ă©changĂ© avec mon père qui Ă©tait dans cette tradition radicale. Il a construit le groupe scolaire Édouard Herriot et a Ă©tĂ© impressionnĂ© par la culture du personnage. Il Ă©tait proche aussi de l’ancien maire Joseph Rosselli et d’autres Ă©lus pour lesquels il avait beaucoup de respect. 


Vos mandats d’élu et en même temps votre métier de médecin ne vous posent pas de problème ?


Pas du tout ! Je crois que c'est la mĂŞme forme de fonctionnement du cerveau. 

Qu'est-ce qu'un bon mĂ©decin ? Un bon mĂ©decin, ce n'est pas le meilleur anatomopathologiste, le meilleur pharmacologiste ou le meilleur physiologiste.  C’est juste quelqu'un qui est capable de faire la synthèse de toutes ces sciences, et de les mettre au service d'une personne … 

La politique c'est un peu la même chose. Un bon politique, ce n'est pas le meilleur économiste, le meilleur historien ou le meilleur dirigeant. C’est celui qui sait animer et faire la synthèse, au bénéfice d’un territoire et d'un ensemble de personnes.


Les deux missions sont très complémentaires et je n’en ai jamais souffert, bien au contraire. Quand on a la chance de faire plusieurs choses, l’une permet de se reposer de l’autre et on s’épuise souvent à faire une seule chose !


Vous avez été élu sénateur du Rhône le 27 septembre 2020, quelles sont vos motivations et vos nouvelles missions ?



Je dois d'abord remercier les élus “grands électeurs” qui votent pour les sénatoriales de m’avoir choisi. J’ai été très heureux et c’est un honneur d’être reconnu par ses “pairs”.


Après 15 ans de vice-prĂ©sidence aux affaires sociales du dĂ©partement du RhĂ´ne, je voulais vraiment porter ces enjeux au niveau national. 

Avec la crise du COVID, tout le monde a pris conscience des dĂ©serts mĂ©dicaux, du retard pris dans la recherche, de l'affaiblissement de nos entreprises industrielles et pharmaceutiques. 


L’autre enjeu majeur c'est l'éducation


Je siège au Sénat dans la commission éducation, culture, communication et sport. Je me bats pour l'éducation que je considère comme devant être une des priorités de notre société et parallèlement, j'ai découvert le monde de la culture.


Se servir de la culture pour faire progresser les idées


Par exemple, la première loi qui est venue au SĂ©nat Ă©tait la restitution de biens culturels au BĂ©nin. Doit-on garder ces objets culturels mal acquis dans nos musĂ©es ou les retourner sur les lieux d’origine et servir ainsi l’identitĂ© du territoire ? 

Certains objets devraient faire partie du patrimoine mondial universel. La culture est toujours à l'avant-garde des choses. D'autres biens, comme le pétrole qui est dans le sous-sol de certains pays, pourraient être aussi un bien universel. Cela pourrait faire évoluer les relations internationales …


Je travaille sur ces sujets et j’ai aussi une délégation à la prospective ; essayer de penser le monde de demain et voir un petit peu plus loin …


Le Sénat et l'Assemblée Nationale ont fait beaucoup parler ces derniers jours du fait de certaines réformes. Doit-on s'interroger sur notre fonctionnement démocratique, l’améliorer ou tout changer ?


Comme beaucoup d’autres et pendant longtemps, j’ai fait partie de ceux qui considéraient le Sénat comme quelque chose d’inutile. Georges Clemenceau en son temps l’avait déjà proclamé, avant de le défendre !


Aujourd’hui, je pense que les Ă©vĂ©nements renforcent cette nĂ©cessitĂ© du SĂ©nat. Il faut une AssemblĂ©e Nationale qui fasse Ă©merger l'aspiration directe de la population, avec des dĂ©putĂ©s Ă©lus par la population. Mais les rĂ©actions parfois excessives, liĂ©es aux Ă©motions, aux circonstances et Ă  l'actualitĂ© doivent ĂŞtre  pondĂ©rĂ©es.


L'enfer est pavé de bonnes intentions !


La sagesse du SĂ©nat c'est d'avoir cette expĂ©rience, de prendre le temps, de reprĂ©senter les Ă©lus des territoires et de pondĂ©rer les avis. Il y a une très belle image, c'est celle de Jefferson qui demanda Ă  Washington de lui expliquer pourquoi il avait acceptĂ© l’idĂ©e d’une seconde chambre. 


« À quoi peut bien servir le Sénat ? » demanda Jefferson, une tasse de thé à la main, pendant qu’il en versait le contenu dans une autre tasse pour le refroidir.

« Vous venez de répondre à votre propre question », lui répondit Washington. « Le Sénat est la tasse dans laquelle nous versons les textes législatifs pour les laisser refroidir. »


Je pense que le Sénat ne doit pas céder à la mode et il doit résister.


Revenons au citoyen, qui reconnaissez le, a dû mal à s’y retrouver dans toutes ces instances ?


Le citoyen a dans l'ordre et à son service : une municipalité, une intercommunalité, un département, une région, l'Etat et l'Europe. Tout ceci ne se serait pas vu comme un millefeuille, si tout le monde restait bien dans ses compétences !


La citoyenneté et la solidarité, comme le Centre Communal d’Action Sociale, s'exercent sur la commune. Le département prend le relais pour les personnes âgées, les personnes handicapées, le RSA et les collèges. L'État intervient sur la solidarité nationale.

Il y a un deuxième axe, avec l'aménagement du territoire et le développement économique qui passe par les intercommunalités. Honnêtement, une zone industrielle sur une seule commune, c'est ridicule. Il faut une autre dimension pour penser à l'aménagement du territoire …


Je pense que notre région, à l’image d’un petit pays Européen, devrait avoir de grandes visions et éviter ce saupoudrage actuel de panneaux bleus dans chaque commune …


Parlez nous de la CCSB, que vous avez vu grandir et dirigĂ© de 2001 Ă  2020 


Il faut bien reprendre le terme de communautĂ© de communes. Les communautĂ©s de communes ne sont pas faites pour Ă©touffer les communes ou les faire disparaĂ®tre. Au contraire, elles permettent de mieux vivre en les dĂ©chargeant de certaines compĂ©tences qui doivent ĂŞtre traitĂ©es Ă  l'Ă©chelon intercommunal. Pour assurer une certaine cohĂ©rence, des dĂ©cisions doivent se prendre Ă  l'Ă©chelle d'une communautĂ© de communes. 


On a au nord l'agglomĂ©ration de Mâcon, au sud l'agglomĂ©ration de Villefranche et au centre un bassin de vie de 65 000 habitants. Des habitants de l’Ain compris, qui prennent le train au mĂŞme endroit, entrent et sortent de l’autoroute au mĂŞme endroit, vont au lycĂ©e au mĂŞme endroit, font mĂŞme certaines courses au mĂŞme endroit … Bref, des gens qui vivent ensemble. 


Les communes limitrophes de l’Ain devraient nous rejoindre


Il y en a donc 45 000 habitants dans la CommunautĂ© de Communes SaĂ´ne Beaujolais et 20 000 dans le dĂ©partement de l'Ain qui n'a pas voulu nous rejoindre, alors que la cohĂ©rence voudrait qu'on soit ensemble. 

Je pense qu'il n'est pas question d’être gros ou d’être petit. Les territoires sont divers et certains méritent d'être ensemble. On a une chance inouïe en France, d’avoir de belles métropoles comme Lyon, de belles agglomérations comme Villefranche ou Mâcon. Il nous faut aussi des communautés de communes avec un pôle centre de ressources qui irriguent les autres communes.


Notre CommunautĂ© de Communes SaĂ´ne Beaujolais a de formidables atouts pour son dĂ©veloppement 


La construction de la CCSB s'est faite naturellement et personne n'a été forcé. Les premières communautés de communes se sont faites avec celles du Beaujolais “vert”, “rouge” et du Val de Saône où de belles entreprises se sont développées. Le Beaujolais Vauxonne où était Saint-Georges aurait pu venir dès le début, en particulier pour développer la zone Lybertec.


A propos de mutualisation des services, certains élus contestent le fait que ça fait faire des économies. Que leur répondez-vous ?


Quand on conteste, il faut amener des chiffres et des arguments.

Avec un seul Directeur Général des Services et un même bâtiment pour la CCSB et Belleville, des recrutements nécessaires à la CCSB qu’aucune commune ne pourrait s’offrir, des économies d'échelle et d’achat qui permettent de redistribuer avec la dotation communautaire … Les éléments favorables à la mutualisation ne manquent pas.

Pour autant, ce n’est pas gravé dans le marbre. S'il n'y a pas d’économie, il faudra faire autrement, mais pour l’instant, un certain équilibre est établi, y compris entre les salariés de la CCSB et des communes.


Les élus et les salariés y sont pour beaucoup dans cette réussite collective.


Effectivement, je crois que tout le monde joue le jeu et reste bien dans cet esprit et cette vision. Après, rien n’est figé, c’est bien la population qui choisit ses élus, leurs projets et leurs visions. Les élus ne doivent pas être des petits gestionnaires et ils doivent être accompagnés par des gens qui ont les mêmes visions. On a eu la chance d’avoir eu des DGS de qualité, comme Samuel Lachaise, Jean Léo Ponçon et maintenant Philippe Serre, qui respectent l'esprit et servent loyalement leur collectivité.

A l’occasion des vœux de la CCSB à La Pirogue de St Georges le 23 janvier 2023


Revenons encore aux citoyens. Comment faire pour les associer davantage dans la vie associative et démocratique ?


La première des choses c'est certainement l'éducation. Nous devons bien comprendre l'intérêt, le rôle des collectivités et l’importance de s'engager et de voter. Il y a des cycles et on est aujourd’hui un peu sous les effets des réseaux sociaux avec des gens qui ne vont pas voter, puis critiquent dès le lendemain.


On a que les Ă©lus que l'on mĂ©rite 


On constate cette désaffection à tous les niveaux, comme par exemple les syndicats qui ne représentent que 8 % des salariés, alors que ces mêmes syndicats arrivent à bloquer le pays. C'est bien de respecter les libertés individuelles mais il faut aussi de l'humilité. On n'a pas raison tout seul, sans avoir réfléchi et sans connaître le sujet. Que ce soit dans les syndicats ou les partis politiques, on peut discuter. Dans les conseils municipaux ou les conseils communautaires, on peut discuter. On ne détient pas tout seul la vérité, il faut savoir convaincre les autres et puis accepter de se laisser convaincre aussi par des idées auxquelles on n'aurait pas pensé.


C’est une question d'humilité, de responsabilité et d'éthique


C’est Max Weber qui parlait d’éthique de responsabilités et d'éthique de conviction. Il faut trouver un bon équilibre. Ne jamais renier ses convictions, toujours se battre pour les diffuser. Et avoir aussi la responsabilité de dire que tout n'est pas forcément possible, tout de suite. Il faut prendre en compte l’avis des autres et c'est comme ça qu'on peut progresser. Cela demande un peu d'humilité …

Je trouve que les Français sont un peu comme des enfants gâtĂ©s qui veulent avoir un jouet tout de suite, quitte Ă  le rejeter après en disant qu’ils se sont trompĂ©s … 


On en revient à l'éducation et à l’accompagnement des plus jeunes. Que pensez-vous du Service National Universel ?


C’est effectivement un moyen de faire entrer la notion de devoir à côté de la notion de droit. Je fais partie d'une expression politique radicale comme Edouard Herriot, évoquée tout à l'heure et qui était basée sur le solidarisme.


Le solidarisme veut dire qu’on naît tous avec une dette envers la société. S'il n'y avait pas la société on ne serait peut-être pas en vie. Il faut des services de santé pour notre naissance, une éducation pour grandir … Et cela nous crée une dette envers la société.

Il faut savoir que cette dette, on va devoir la payer de plusieurs façons. Avant, il y avait la dette du sang. Les gens donnaient leur vie pour aller défendre les frontières. Aujourd’hui, on paye notre dette d'une autre façon, par les impôts par exemple. Quand on gagne une certaine somme, c'est normal qu'on en rende une partie. Sans la société on ne gagnerait rien !


Votre avis sur la retraite Ă  64 ans ?


A partir du moment où on veut une retraite par répartition et qu’on est plus assez nombreux pour payer, il faut travailler un peu plus longtemps. Sauf à diminuer la retraite de nos aînés et ce n'est pas ce qu'on souhaite. Sauf à cotiser davantage chaque année et je trouve pas qu'on en ait les moyens.


Il y a aussi un autre combat à mener, c'est sur le travail qui n’est pas suffisamment rémunéré. Il y a actuellement des flux d'argent et une financiarisation de la vie économique qui fait que l'argent est produit ailleurs, se diffuse ailleurs et ne récompense pas assez ceux qui travaillent.


Vous avez exercĂ© plusieurs mandats, avez-vous une prĂ©fĂ©rence ? 


Le mandat que je préfère c'est toujours celui que je suis en train d'exercer. Ils sont tous passionnants, franchement. L'engagement municipal c'est vraiment quelque chose d'important parce que c'est très concret, vous voyez au jour le jour des choses qui se font. L’engagement au niveau du département, avec des missions auprès des personnes âgées, les personnes handicapées, les gens en difficulté sociale, sur l'adoption, les sujets sur la famille, est aussi important. Et puis l'engagement national que je vis en ce moment, je le trouve passionnant, du fait aussi que j’ai vécu les autres auparavant.


Vous avez prévu une échéance pour arrêter la médecine ?


Je souhaiterais trouver un ou une successeur. Mes amis de la fac qui arrĂŞtent, ferment leur cabinet sans personne pour leur succĂ©der. Moi je continue parce que j'ai la chance d'exercer un beau mĂ©tier, j'aime les patients et intellectuellement c'est quelque chose qui me plaĂ®t. 

Je suis du mardi au jeudi au Sénat et le reste du temps, je garde un pied dans la société, connecté à la vraie vie.


Une anecdote ?


J’ai été maire pendant 25 ans et j’ai toujours exercé la médecine à temps partiel, sans jamais mélanger les deux engagements. Il m’est arrivé plusieurs fois de rencontrer des patients à Belleville qui découvraient, grâce à leurs enfants, que j'étais leur Maire. Alors que plusieurs élections s’étaient déroulées. Cela démontre qu'il faut pas mal d'humilité et que l'engagement citoyen vous réserve souvent des surprises !


Vu votre forme physique, vous faites aussi du sport ?


J'ai effectivement une passion pour le rugby mais que je ne pratique plus.


Article Le Patriote Belleville de mars 1990

J'ai aussi fait plusieurs fois le marathon du Beaujolais qui m’a donné envie d’en faire d’autres, comme celui de New York.

J’ai Ă©tĂ© rĂ©embauchĂ© dans le XV parlementaires, puisqu'il y a une Ă©quipe des parlementaires composĂ©e de sĂ©nateurs et de dĂ©putĂ©s, qui rencontre les parlements des autres Ă©quipes du tournoi des 6 nations. J'ai donc pu jouer contre l'Angleterre et l'Irlande â€¦


Le quinze parlementaire en Irlande en février 2023 (Bernard Fialaire en bas à droite)

C'est assez passionnant et on prépare la coupe du monde de Rugby qui se déroule en France début septembre 2023, et je me prépare pour jouer quelques minutes à chaque match !


Vous devez ĂŞtre fier aussi que le Beaujolais accueille le Tour de France en juillet ?


Oui, là aussi ça va être une grande fête. Je me suis battu pendant 20 ans pour qu'on puisse avoir le Tour de France à Belleville. On a accueilli le Paris-Nice plusieurs fois comme le Dauphiné et il y a une vraie logique d’avoir une étape à Belleville. Pour tous les gens qui sont sur l'autoroute, Belleville et le Beaujolais constituent une étape sur leur parcours. On a tissé des liens avec la société organisatrice ASO, et le Président Prudhommes m’avait fait une promesse que j'aurais l'étape du tour de France avant la fin de mes mandats. J'ai peut être arrêté trop tôt, mais bon ce qui compte c'est qu'il y aura une superbe étape dans le Beaujolais qui va mettre en valeur tout notre territoire.


A propos de nos vins du Beaujolais, y en a-t-il un que vous prĂ©fĂ©rez ? 


J’aime tous les Beaujolais, particulièrement légers et fruités. L’an dernier, le champion du monde des Gamey était un Beaujolais village et cette année c'est un Côte de Brouilly. Il y a quelques années c'était un Régnier, cela veut dire que nous avons des vins qui plaisent et que l’on trouve nulle part ailleurs.


On suppose qu’au Sénat, vous parlez aussi du Beaujolais ?


Bien sĂ»r et j'en fais la promotion ! 

Et mĂŞme pour le Beaujolais Nouveau, les gens gardent quand mĂŞme une sympathie pour cet Ă©vĂ©nement. Quand je fais une petite rĂ©ception avec les sĂ©nateurs, je peux vous assurer que ça leur donne le sourire ! 


Nous terminons cette interview sur ce sourire Beaujolais et nous remercions Bernard Fialaire pour son accueil et son Ă©clairage.


Retrouvez son intervention du 11 avril 2023
“Pour une école de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité” :


Comment contacter Bernard Fialaire ?


Dans le RhĂ´ne,  Laetitia Zaada

Permanence parlementaire
8 Rue Balloffet Dury
69220 Belleville-en-Beaujolais

l.zaada@clb.senat.fr 

06 37 10 58 15


Au SĂ©nat,  Laddi Lenguema

Palais du Luxembourg
15 Rue de Vaugirard
75291 Paris Cedex 06

l.lenguema@clb.senat.fr 

06 72 78 69 39


Bernard FIALAIRE, 

SĂ©nateur du RhĂ´ne.


15 rue de Vaugirard

75291 Paris Cedex 06

01 42 34 40 19


b.fialaire@senat.fr


Dans ses principes de fonctionnement, le Blog citoyen de St Georges donne la parole au plus grand nombre. D’autres articles sur la “Politique” au sens noble du terme seront proposés à nos lecteurs. Pour toutes informations complémentaires vous pouvez écrire à BlogStGeorges@gmail.com


Commentaires

  1. Monique RUET02/05/2023 12:33

    Bel article, très clair !

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  2. Article très complet sur la vie d'élu de Bernard Fialaire, qui représente bien son territoire.

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  3. Article très complet qui reflète bien l humanité de M Fialaire que j ai eu l occasion de rencontrer plusieurs fois au cours de ma carrière

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  4. Bravo et merci pour cette interview !

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